"En poste" avec Heddy - Les renforts qui font tourner la France #1

Portraits de Siders mars 27, 2020

Depuis le 17 mars, seuls deux types de missions sont tolérés sur Side : les missions en télétravail et les missions sur le lieu de travail jugées indispensables à l'activité du pays. Rencontre avec ces Siders encore au travail en cette période de crise sanitaire.

Side : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Heddy : Je m’appelle Heddy, j’ai 23 ans. Je suis inscrit sur Side depuis le mois d’octobre 2019. À la base je suis auto-entrepreneur dans la restauration, je développe aussi un business de voiture avec un ami. J’ai fait des missions très diverses depuis que je suis sur Side. Je garde un très bon souvenir de ma première mission chez Super U.

S : Que faites-vous en cette période de confinement ?

H : Depuis lundi, je suis en mission de préparation de commandes en entrepôt logistique, pour une entreprise alimentaire. La mission dure 2 semaines. La première semaine nous permet de nous former et prendre nos marques, pour qu’on soit prêts à absorber les gros volumes de commandes la deuxième semaine.

S : Quel a été l’impact de l’annonce du confinement sur votre mission ?

H : Dans la mesure où je travaille pour une entreprise qui livre des repas, il y a beaucoup plus de commandes à préparer, si bien que nous avons été séparé en deux équipes. Une équipe travaille de 3h à 10h30 et une autre prend le relai de 10h30 à 18h. Moi je travaille le matin, je préfère. Le rythme est soutenu et nous arrivons à doubler voir tripler le nombre de commandes préparées en ce moment.

S : Comment l’entreprise s’adapte t-elle aux directives sanitaires ?

H : Depuis l’annonce du confinement, une personne de l’entreprise est responsable des normes d’hygiène et de sécurité de l’entrepôt. Nous nettoyons notre poste de travail avec des lingettes désinfectantes chaque jour à la fin de la mission avant que l’autre équipe ne prenne le relai. D’ailleurs, nous ne les croisons pas. Nous partons 10 minutes avant qu’ils arrivent pour éviter tout contact avec eux. On nous fournit gants, cache-cou en tissu et gel hydroalcoolique. Nous nous lavons les mains toutes les 45 minutes environ. Les pauses sont organisées pour éviter qu’on ne se retrouve tous en même temps dans la salle de pause. Un des responsables m’a déjà repris car il trouvait que j’étais trop proche d’un collègue. Je trouve l’entreprise exemplaire à ce niveau-là, et je me sens en sécurité dans mon travail.

S : Rencontrez-vous des difficultés dans cette mission, notamment par rapport au confinement ?

H : Je me considère chanceux, dans la vie en général mais tout particulièrement en cette période. J’ai la chance de pouvoir travailler et de me rendre utile. Je considère qu’en préparant des commandes destinées à la livraison de repas, j’évite à plusieurs centaines de personnes de se rendre en supermarché et donc je participe à réduire la propagation du virus. Je me réjouis aussi de voir tous ces élans de solidarité et de voir tous les gens qui veulent aider à améliorer la situation.

S : Comment vous sentez-vous personnellement par rapport à la situation ?

H : Évidemment ce n’est pas une période facile. Je suis coupé de ma femme depuis 2 semaines et je m’inquiète pour des membres de ma famille qui sont des personnes à risque. Mais en ce moment, mon obsession est d’être utile à mon pays ! J’estime qu’on m’a beaucoup donné depuis que je suis petit et du haut de mes 23 ans je veux rendre à mon tour !